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L'ÉCOUTE ÉMOTIONNELLE

La rupture amoureuse et le deuil

La rupture consiste à terminer une relation ou une situation. La manière est plus ou moins brutale et n’est pas forcément consensuelle. Le mot “rupture” évoque déjà une souffrance. Vous remarquerez d’ailleurs la puissance des mots. Les couples préférant souvent, sur du long terme, utiliser le terme “séparation” qui donne l’illusion, si ce n’est vrai, d’un accord des deux parties.
Ce dernier mot présente une connotation plus nostalgique, mais où l’on sait que les choses sont claires et définies.

RAPPEL DES PHASES DE DEUIL

Le deuil peut s’apparenter à toutes sortes de situations : rupture amoureuse, fin de contrat de travail, départ à la retraite, rupture amicale, décès, …
De ce fait, l’on peut bien allier les 5 phases de deuil à toutes ces situations. Faisons un petit rappel :

  • LE DÉNI
  • LA COLÈRE
  • LA NÉGOCIATION/LE MARCHANDAGE
  • LA DÉPRESSION
  • L’ACCEPTATION

Nous passons effectivement par ces phases, peu importe le domaine concerné. Le temps d’un deuil dépend de la capacité de résilience, d’une personne à l’autre. Cependant, au-delà de 12 mois, on entre dans du pathologique.

LE DÉNI

Au début, on croit que c’est faux. On se rattache à notre habitude et on se dit que ce n’est pas possible. Ceci n’est pas en train d’arriver. On trouve autant d’explications que l’on peut pour nous rassurer, autant de faits plus ou moins concrets pour nous soulager. Peu importe la probabilité de ces derniers, ils doivent aller dans le sens qui nous apaise. Notre cerveau n’est pas prêt à recevoir cette nouvelle dévastatrice et donc il “shunte” les faits comme il peut, en sombrant dans le déni. Il a une fonction défensive qui fait suite à l’état de choc découlant de l’annonce de cette rupture.
Le sentiment d’impuissance s’empare de nous et on se sent vraiment démuni. Le déni devient ainsi la première réaction de réconfort que l’on trouve pour parer à cette émotion forte.

LA COLÈRE :

L’Ego est touché, piqué à vif, notre orgueil également. S’ensuit alors une colère tournée vers l’élément déclencheur de notre chagrin. Une colère qui a un effet de décharge pour nous. Nous sommes d’abord en colère contre l’autre puis en colère contre nous lorsqu’on commence à bien assimiler la chose. Colère contre l’autre car c’est inadmissible de nous faire ça. La situation est injuste à nos yeux et nous le vivons comme une trahison.
Colère contre soi avec les fameux “j’aurais dû” qui nous emmènent vers une remise en question profonde et un repli temporaire, une inappétence pour les diverses sorties et autres festivités. On n’a plus envie de rien, on se “punit”, on préfère rester chez soi et ruminer. On culpabilise, on se flagelle, on s’accuse de tous les torts, l’autre étant élevé au rang de “saint(e)” La rumination engendre d’ailleurs souvent la cristallisation de la relation. La cristallisation est un concept inventé par Stendhal où il y est décrit l’invention et l’adoration de qualités imaginaires élevées à leur paroxysme. Ceci engendre un fantasme de la relation.
Bizarrement, lors de cette rumination, on se souvient surtout des bons moments et non des mauvais. Cette lubie de notre cerveau amène à encore plus de colère car on comprend encore moins la situation. Ceci nous conduit d’ailleurs à l’étape suivante.

LA NÉGOCIATION/LE MARCHANDAGE :

La colère laisse la place à la peur. La peur de ne pas trouver une relation “aussi idéale”, une relation où “on m’aime vraiment”. La cristallisation de la phase d’avant n’aidant pas, on pense alors que personne d’autre ne nous aimera. On ne vivra plus jamais quelque chose d’aussi intense, c’est sûr, nous en sommes convaincus. On ne se rappelle seulement du levier plaisir au détriment du levier douleur.
Notre estime de nous-même en prends d’ailleurs un sacré coup.
Alors nous marchandons. Nous sommes prêts à accepter l’inacceptable voire même à aller à l’encontre de nos valeurs pour récupérer l’être aimé. On tente une nouvelle approche, différente. Nous faisons des promesses que l’on ne pourra pas tenir car “chassez le naturel, …”. On se lance dans une quête désespérée. On le sait mais on le fait quand même. Cela pèse sur notre confiance en nous-même car on sombre dans des couloirs encore inexplorés. Couloirs qu’on ne désirait arpenter. Ainsi, l’étape suivante montre le bout de son nez.

LA DÉPRESSION:

Vient ensuite la solitude. L’effondrement sans plus d’espoir de récupération de cette relation. On comprend enfin que c’est fini et on sombre dans un état de dépression (pas au sens pathologique du terme). On vit alors avec un sentiment d’insécurité. Ce dernier est induit par le sentiment d’abandon. On a peur de ne jamais trouver quelqu’un qui nous aimera autant ou qui nous aimera tout court. Cela peut d’ailleurs conduire à la recherche de “relations tampons/pansements” avec le ou la première venu(e) histoire de ne pas être seul et de sentir l’importance qu’on peut avoir aux yeux d’un(e) autre. C’est là qu’il est bon d’être vigilant et d’éviter d’avoir des conduites à risque. Nous pourrions le regretter par la suite.
Effectivement, ce qui nous manque souvent dans une relation, c’est le reflet de notre amour dans les yeux de l’autre. Ce reflet nous donne un sentiment d’existence profond. L’autre nous valorise, c’est à dire que nous trouvons notre valeur dans son regard. Le partage, la douceur, les caresses, le sexe, la complicité, nous donne la sensation d’exister. Même si ce n’est que pour une seule personne. Le fait d’être à travers l’autre se termine. Ces moments intimes qui nous rassuraient ne seront plus et notre monde s’effondre. Cela peut d’ailleurs, lorsque notre propre estime n’est pas bien haute, conduire à de la dépendance affective. On existe à travers l’autre, mais pas pour soi et par soi. Dans ce cas-là, la rupture est d’autant plus douloureuse.
On entre également dans une phase de culpabilisation (différente de celle qui est dans l’étape de la colère). On regrette le fait d’avoir marchandé, ou d’avoir tant donné, ou d’avoir perdu tant d’années, etc.

L’ACCEPTATION

On accepte enfin la situation. La renaissance se fait après ce travail de deuil et un nouveau souffle de vie naît en nous. On est prêt pour avancer. Tout est bel et bien fini et on progresse vers une prochaine page de notre vie.
On se sent mieux sur le plan somatique et physique. Un nouvel élan nous anime. On évolue dans les différents domaines de vie. On est plus serein, apaisé, presque “guéri”.
Toutes les étapes amènent à une introspection qui nous fait forcément évoluer vers un état plus élevé. On intègre les choses sur lesquelles on doit travailler pour être mieux. Notre changement se voit aussi bien sur le plan personnel que relationnel. La remise en question est de mise et l’avancée est bien présente.

CONCLUSION

Il est bien difficile de vivre une rupture amoureuse, mais nous nous en remettons toujours. Le temps étant notre meilleur ami.
Ces différentes étapes, même si elles nous font souffrir, sont nécessaires au travail de deuil. La clôture d’un cycle nous amène à un autre cycle de vie. C’est ainsi, la vie est cyclique. Soyez rassurés, vous n’êtes ni les premiers, ni les derniers !
Preuve en est : il y a de multiples études à ce propos. Alors oui, ça fait mal et oui, tout s’effondre.
Mais non, ça ne dure pas et il y a toujours une action à poser pour avancer.

Si vous êtes bloqué dans une des étapes depuis un moment (moins d’un an, sinon ce n’est pas de mon ressort) et que vous vous rendez compte que le problème vient d’un manque de confiance en vous ou d’estime de vous, contactez-moi afin que nous discutions de votre situation et que nous voyons comment avancer vers un idéal plus serein.

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